Catégorie : Te cherchant

17 janvier 2020 / Egorynthe

Tu ne sauras jamais (tu n’auras jamais voulu savoir) combien je t’ai admirée. Nous étions étudiants en même temps, mais tu n’étais pas avec nous, déjà passée du côté des professeurs, déjà femme à être courtisée par les diplômés et non pas par les jeunes chiots qui allaient essayer de…

5 janvier 2020 / Critiques

Je ne sais pas pourquoi j’ai terminé cette histoire de fratrie italienne qui essaye de se sortir de sa Sicile profonde en passant par Nouvelle York, je sais juste que lorsque je lisais les affres fictives de cette famille sortie de la tête d’un écrivain et qui n’avait même pas…

7 septembre 2019 / Egorynthe
9 août 2018 / Egorynthe

Tu sais, tu peux avoir cru que je me moquais de toi et des milieux alternatifs dans lesquels tu as choisi d’évoluer. Certes, les touristes spirituels qui essayent des choses tous les six mois, pourvu que ce soit nouveau, exotique et sans effort (même si ce sont des vieux trucs…

14 octobre 2016 / Carnets de voyage

Pour ne rien te cacher, je ne suis pas allé directement à Romans-sur-Isère. Sur la route, après la Coucourde qui m’a encore fait rire, j’ai vu le nom “Privas”. Il y a vingt ans, une jeune-fille que j’ai aimée me parlait de cette ville, lorsque nous étions au milieu de…

14 février 2016 / Canciones en español

Et alors je me suis demandé ce que cela voulait dire de t’envoyer un message alors que je partais loin. Ça n’avait rien de courageux puisque je n’allais plus te revoir et n’aurais plus à croiser tes yeux. Comme dans un mauvais scénario de film policier où l’assassin révèle comment il a fait juste avant de mourir. Le courage, ce serait mettre les pieds dans le plat jusqu’aux genoux et – plutôt que de te retrouver dans un hasard arrangé, à jouer à lutter contre d’autres prétendants dans des jeux de coqs qui ne grandissent personne – t’entrainant dans la dynamique de mon envie de te revoir, de te soutirer un rendez-vous – pour moi seul – en toute arrogance sans gêne, et de gérer l’attente en sentant minute après minute tout le poids de cette vanité – sentir se diluer son assurance comme le morceau de sucre dans le thé ­– y aller quand même sans montrer toute les éruptions souterraines en soi.

Mais. A quoi bon ? Même en réunissant un joli petit tas de ‘si’ jusqu’à en faire un joli château en Espagne, si jamais l’éblouissement que j’ai ressenti se convertissait en amour et que j’avais assez de talent pour te faire croire que je pourrais être un type à qui on peut confier sa vie et un peu de la prunelle de ses yeux, jamais, non jamais, je ne pourrais vivre dans une ville qui n’a pas un réseau métro capable de nous entrainer d’un univers à l’autre dans un grand ensemble urbain où se croisent lumières et génies de tous les horizons. Donc ta petite ville de C*, impossible. Si je dois revenir régulièrement par ici en famille, puisque mes grands-parents ne seront pas éternels et que je ne veux pas avoir l’impression d’être passé trop à côté d’eux, C* est pour moi une prison dorée. 1.

On ne laisse pas à une maman – comme tu l’es – pour seule issue possible d’une éventuelle ombre d’histoire, une promesse de venir la visiter quelques fois, tendrement, avec l’intensité des dernières fois, au gré des passages et en lui expliquant qu’ainsi la routine ne nous tuera pas et que nous aurons toujours des choses à nous dire.

20 décembre 2015 / Des mots

Suivie : une femme. Qui avait des oiseaux en vol noirs sur le haut du dos. Sans regarder la direction des rails. (Avoir bien vite fait de) Me tromper. Perdre dix minutes sur l’itinéraire de la raison. Que je n’avais pas (re)gagnée(s). Ne plus désirer d’autres routes que celles qui…

3 décembre 2015 / Egorynthe

G*, aujourd’hui c’est à toi que j’ai envie d’écrire. Pas la G* maman que j’ai revue lorsque nous avions passé la trentaine, mais cette G* de 17 ans que j’ai connue au lycée et qui était aussi belle que toi ; peut-être es-tu plus belle qu’elle, même, maintenant que tu as…

21 septembre 2015 / Egorynthe

Un lendemain à ne pas chercher à expliquer la veille.

Tu venais pour ne pas être seule un soir de début de célibat et d’armistice et je fus cherché sans préavis – alors que nous devions passer une soirée studieuse – pour rejoindre cette soirée improvisée entre gens chaleureux. Nous étions les deux pièces les plus rapportées de la petite agape, et loin de toute faute, il y a au contraire le sentiment partagé d’avoir su saisir le fruit lorsqu’il était mûr et que l’instant nous l’offrait. S’y être engouffrés dans le creux de notre chaleur à nous, loin de tou(te)s les autres. Ne pas le gâcher. Nous révéler dignes de la vie. Descendre ses fermetures éclair lorsqu’elle nous y invite. Et rendre grâce.

Mais tout de même : ces deux verres en plus que nous nous laissons remplir comme une façon de trinquer ensemble bien qu’à distance, comme un léger clin d’œil liquide se passant de regard, cet ascenseur où il est assez incompréhensible que nous ayons terminé à deux, tu descendais / je montais – il nous a emmené 20 km plus loin… C’est. Ne cherche pas à comprendre.

20 septembre 2015 / Egorynthe

Nous étions en train de chanter dans l’église, à célébrer le mariage sans frontières de nos amis.

Vous – petite, visage diaphane, nez fin et pointu, cheveux bruns fournis et un peu fous, mais coiffés avec une frange qui, chose rare, ne vous enlaidissait pas – étiez à genoux, à prier à côté de nous – j’ai vite compris que vous ne faisiez pas partie de notre groupe mais que vous étiez là comme membre de l’Eglise catholique. Qu’importe que vous ne soyez pas invitée, Jésus a dit que ce qui nourrit peut se multiplier à l’infini, que la joie n’est pas radine, on ne compte pas les rayons de lumière et Zachée doit toujours être convié à ce genre de fête. Ce qui me troublait c’est que vous soyez aussi près du sol et si vous n’aviez pas été à deux personnes de moi, sans doute vous aurais-je chuchoté à l’oreille que si Dieu existe, sans doute il nous préfère debout. Regardant les clefs de voûte peintes en bleu dans cette église jaune et haute, en haut, toujours vers en haut, les visages brillants d’émotion de l’assistance, la joie vibrante mêlée à la solennité de cet instant de promesses, je vous aurais montré Dieu du doigt, dans cette architecture qui capture l’espace et le fait grand1, dans la musique qui nous transperçait et déliait en nous des nœuds comme on ouvre un cadeau, dans ces serments scellés de deux anneaux au confluent des « oui » de tous ordres, levez-vous madame et regardez comme l’existence débordant alors d’être voulait voir combien nos cœurs étaient capables d’en recevoir !

  1. Alors que sans toit il est juste immense et on ne le voit plus []