Catégorie : Philosophie sur l’ardoise

28 septembre 2016 / Labymonde

Allez, aujourd’hui un cadeau pour Alain Soral : le veganisme, l’aglutenisme, les régimes paléo, crudivores et enfin le plus classique végétarisme/végétalisme – qui, comme tout le monde le sait, proviennent des ZetaZunis (d’Amérique) (du Nord) – ne sont que les variantes d’un même cheval de Troie. Celui du féminisme démocrate pro-Hillary Clinton.…

30 mars 2016 / Labymonde

En ce début de janvier 2016, je ne sais pas ce qui me scandalise le plus : que trois scénaristes soient infoutus d’écrire un épisode VII de Star Wars un rien original par rapport aux épisodes IV et VI1, ou que ce soit désormais Le Pen et Philippot qui écrivent…

21 mars 2016 / Labymonde

Le meilleur moyen de lutter contre les discriminations à l’embauche, c’est le plein emploi. Au lieu de cela, les Socialistes s’entêtent à promouvoir1 des mesures qui contribuent  à un taux de chômage élevé dans le pays, environnement propice à la prolifération des petitesses et des aigreurs. Ils ne trouvent alors…

10 mars 2016 / Critiques
pierrot-le-fou

La question a tiré sur ma manche puis s’est posée devant moi à l’été 2015, après avoir écouté en quelques semaines, Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, Barbe bleue d’Amélie Nothomb, Kinderzimmer de Valentine Goby et Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Barrow et Shaffer sans n’en apprécier aucun1 : deviens-je misogyne en littérature ? Quelles femmes2 m’ont procuré plaisir, intérêt ou admiration en les lisant ? Je suis alors parti chercher sur Internet des femmes qui écrivent, des femmes d’aujourd’hui, pour voir ce qu’elles avaient dans les tripes.3 En vain. Alors il faut bien que je m’arrête un temps et que j’ausculte ce sentiment me poussant à penser que les femmes ne sont pas douées pour la littérature…

Cercles concentriques pour piéger mon interrogation

Une réflexion uniquement sur l’écriture

Je précise que cette question ne se pose à moi que dans le cas de l’écriture car n’ai pas du tout cette impression dans les media (présentation de programmes ou journalisme), ni en humour4, ni en musique où les hommes sont capables d’autant de sensibilité que les femmes et celles-ci d’autant de force que les premiers. Sans doute devrais-je rajouter non pas une misogynie mais un agacement certain, en politique, où je déteste que les femmes surjouent de leur féminité ou en fassent un argument de vente (S. Royal, R. Dati, C. Duflot, C. Boutin), alors que ce sont les mêmes crapules que les hommes ; mais ceci au même titre que je déteste les gens qui se cachent derrière leur négritude, leur judaïté, leur jeunesse ou leur islamité pour faire de leur contradicteur un phobique ou un haineux ou un vieux con coupé du monde, paresse intellectuelle qui produit le mal qu’elle prétend combattre. Mais en matière d’écriture, si…

  1. Dans le même temps j’écoutai, Lettre d’une inconnue de Stephan Zweig, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard, Sukkwan Island de David Vann, L’énigme du retour de Dany Lafferrière, D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère, Des éclairs de Jean Echenoz, L’art français de la guerre d’Alexis Jenni et Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke. 4 vs. 7 (j’écarte L’énigme du retour que je n’ai pas aimé mais parce que je pense que l’écouter et le lire sont deux choses très différentes en raison de sa forme si particulière). Sur les 7 restants, je n’ai trouvé qu’un seul exaspérant et encore, il s’agit de la Lettre d’une inconnue écrite (fictivement) par une femme, et peut-être est-ce le génie de Zweig d’avoir retranscrit à la perfection la lourdeur utérine de cette jeune adoratrice et maman. Ce livre ne peut servir, en tout cas, à contrebalancer une possible misogynie. Sukkwan Island et D’autres vies que la mienne étaient, l’un intégralement l’autre à 72,76%, mauvais mais pas niais comme Barrow et Shaffer. Echenoz m’a fait passer un bon moment (bien meilleur que celui avec Nothomb). Jenni a produit en moi quelque chose de fort (même en m’agaçant très souvent), là où j’ai trouvé qu’Otsuka et Goby n’étaient pas à la hauteur de leurs sujets respectifs. Enfin, Enard, comme Lol V. Stein m’a ravi. []
  2. Pour quelqu’un qui regrette un peu l’idée que l’auteur pourrait mourir, ce serait naïf et superficiel de ne regarder aussi qui se cache derrière le nom de l’auteur, et notamment qui est le, la, les éditeur-ice-s qui ont aussi fait le texte… Malheureusement, s’il faut faire ce travail à chaque fois, ce serait aussi compliqué que nécessaire. Où les problèmes méthodologiques commencent… []
  3. J’ai même cru tomber amoureux. Ou du moins l’ai-je été le temps d’un feu d’artifice. Mais en vain, je ne suis tombé que sur des ersatz de Muriel Cerf ou de Marianne Renoir « qui ne pense[nt] qu’à s’amuser », chapelet de filles urbaines et de bonne famille qui nous racontent leur nombril et leurs trépidantes aventures faites de voyages et de références culturelles, voire de lectrices qui tiennent des salons littéraires de seconde ou troisième zone sur Internet. Aucune guerrière obstinée, aucune voyageuse, aucune chercheuse folle, aucune déesse à mille bras ; mais elles existent, c’est évident ! []
  4. Elisabeth Buffet, Candiie, Constance, Claudia Tagbo, Laura Laune, Shirley Souagnon, Marina Rollman, Nawell Madani, Charlotte Gabris et j’en oublie, me font autant rire que les garçons. L’humour francophone est d’ailleurs arrivé à maturité puisqu’on voit des gens de toutes couleurs, de toutes sexualités et des deux sexes, sans qu’ils soient obligés de ne jouer que sur leur différence et sans qu’on note particulièrement qu’ils sont ci ou ça. []
8 mars 2016 / Labymonde

Aujourd’hui je suis allé me balader tout de noir vêtu au milieu de la double blancheur où je voulais me perdre : celle du sol enneigé et du ciel monochrome et pâle qui semblait n’être qu’une extension immatérielle du premier. Je comptais écouter quelques chapitres d’un roman, mais n’avait pas la tête à ça. “The Diamond Sea” a retenu toute mon attention.

Je me souviens m’être engueulé avec un gars avec qui je devais rédiger un journal politique, il y a de cela quelques années – 1997, je pense ; ça date. Il voulait que je passe la fin du morceau pour mettre une autre chanson plus audible. Je résistai et lui imposai l’écoute jusqu’à la fin de la nappe sonore. J’ai cru un moment, en y repensant, que j’avais été ferme par snobisme, rejouant à mon tour le vieux sentiment d’appartenir à une élite avant-gardo-aristocratique face à la bourgeoisie ignorante qui a encore besoin de notes pour apprécier la musique. Mais je me rends compte que j’aime le morceau tel qu’il évolue et que, dès la 11ème minute, c’est même le passage que je préfère.

Je repensais aujourd’hui au hiatus que je vois (à tort ?) 1) chez le Michel Foucault des années 601, celui qui s’intéresse, d’une part, encore à la littérature qu’il définit comme une « écriture de soi » et, d’autre part, aux épistémès ; 2) dans l’essai – à mon sens raté – de Fernand Braudel, d’en finir avec l’histoire-bataille2. Ainsi, donc, après tout le blabla, voilà qu’on a besoin de Sade, Blanchot, Mallarmé ou Roussel chez Foucault ou du « roi et des ambassadeurs »3 chez Braudel ! Et donc la (potentielle) mort de l’homme, et avec lui clle auteur, la fin du temps court (cette écorce superficielle, cette « écume » !), l’éviction de l’individu : oubliés ? On n’arrive pas à trouver les régularités statistiques, la mer, les cycles économiques, les épistémès ou les nappes discursives suffisantes ? A la poubelle l’un des programmes les plus intéressants de cette décennie ?

  1. Histoire de la folie à l’âge classique [1961], Les mots et les choses [1966] ou L’archéologie du savoir [1969] []
  2. Je pense notamment à son Histoire de la Méditerranée à l’époque de Philippe II, lorsqu’il publie un troisième tome à cette œuvre, comme si les deux premiers ne suffisaient pas, et sans qu’on ait l’impression qu’il faille avoir lu les deux premiers tomes pour comprendre le troisième. Ils deviennent dès lors, du point de vue du troisième, deux appendices intéressants mais déconnectés. Je ne suis même pas sûr que les deux premiers forment un tout. Or la révolution que promettait Braudel était qu’on ne puisse plus jamais lire de l’histoire-bataille sans avoir l’arrière-plan du temps moyen et que celui-ci était incompréhensible sans le temps long. C’est donc, à la lecture du troisième, raté. []
  3. Cf. RANCIERE Jacques, [1992] Les mots de l’histoire. Essai de poétique du savoir []
30 décembre 2015 / English songs

…cette étrange limite au-delà de laquelle toute victime est prise dans une toile obscène tissée autour d’elle, une fois perdue − elle n’a pas le choix, malheureusement − dans les mains des commémorateurs. On la franchit dans l’autre sens, cette limite, lorsqu’à force d’être accusés avec outrance par des cochons de…

17 novembre 2015 / Labymonde

Facebook nous tire vers le bas

Capture d’écran 2015-11-16 à 21.14.17Facebook croit sans doute bien faire, Facebook est malin. En proposant à ses utilisateurs de mettre un voile bleu blanc rouge sur les photos de profil, il nous pousse à réagir de la manière opposée à celle qui devrait être la nôtre. On ne sait d’ailleurs pas exactement ce que cela veut dire. Un hommage aux morts ? Sommes-nous si peu sûrs de notre solidarité et de notre empathie que nous ayons besoin de les afficher aussi ostensiblement ? Contrairement aux discours convenus voulant que l’individualisme gangrénerait nos sociétés modernes1, l’homme de plus en plus urbain n’a sans doute jamais été aussi sociable. Et d’autant plus qu’évoluant dans des sociétés ouvertes à l’échelle des grandes villes ou de l’Europe dont il peut désormais rejoindre n’importe quel point à peu de frais, il peut choisir ses groupes avec facilité et sans crainte puisqu’il peut les quitter sans être lié à eux à vie. Nous nous flexibilisons mais notre sociabilité va bien, merci pour elle.

Est-ce pour soutenir un modèle français ? Nos valeurs ? Lorsque Nicolas Sarkozy s’est essayé à définir l’identité française, on s’est aperçu de la dangerosité de ce questionnement et que l’idée de République-même est dangereuse dès lors qu’on essaye de lui donner un contenu positif. Tous les collectivismes ont toujours eu l’idée d’un modèle de société assez précis qu’il fallait imposer au groupe sur lequel il exerce leur « monopole légal de la violence ». Dans une démocratie libérale – cette chose-là qui est mise à mal lorsqu’on tire sur des gens occupés à user de leur « liberté des Modernes » pour s’attarder à des choses aussi futiles que de boire à une terrasse, de danser à un concert ou de voir un match de football – on ne peut que définir des règles négatives, des interdictions, charge à chacun de se choisir une façon de vivre.

Or, en incitant les gens à adopter tous le même comportement, facilite l’expression et flatte nos instincts de troupeau.

  1. Hormis pour la place des personnes âgées dans la société, la charge de la preuve est du côté de ceux qui font ces affirmations aussi gratuites, surtout à l’heure de l’économie du partage. []
16 novembre 2015 / Labymonde

Ils prônent la liberté et demandent l’unité nationale, voire « sacrée »  et que pas une tête ne dépasse du troupeau. Ils défendent NOS valeurs …et s’uniformisent tous dans des mêmes minutes de l’amour bien sillonnées dans le champ du conformisme. Mais nos valeurs c’est le pluralisme, le fait qu’on…

14 novembre 2015 / Labymonde

… ÇA LEUR FAIT MAL AUX OREILLES…

Ça a fait un peu bizarre d’avoir publié un vendredi 13 novembre 2015, un petit texte sur une rupture datant d’il y a dix ans (pourquoi ce soir-là ?), au même moment où Paris était en sang à cause de terroristes et le découvrir après coup.

Mais il n’y aura rien de retiré. Il n’y aura d’ailleurs pas d’autres mots sur cette soirée ensanglantée, pas d’affichage grandiloquent, pas de démonstration de cœur et de vaniteux discours funéraire où on prend la pause en espérant que la société verra notre geste et que l’Histoire s’en souvienne, car c’est surtout notre silence, ou du moins notre bruit quotidien où ils n’ont pas leur part, qui écrase ces égarés.

Je ne mettrai pas de drapeau français ni sur Internet ni à ma fenêtre car je ne me sens pas plus Français aujourd’hui qu’hier. J’ai eu mal pour les New-Yorkais, comme j’ai eu mal pour les Balinais, les humoristes et journalistes assassinés dans le monde, les jeunes filles enlevées, les peuples martyrisés entre deux feux, j’en oublie… et aujourd’hui les Parisiens. Je ne prierai pas, je n’ai jamais cru à ce truc louche ; je chanterai, à ma façon c’est plus qu’une prière, c’est un petit culte qui n’a pas besoin d’église, portatif, à portée de corde vocale.

L’avion est l’image de la société communiste parfaite. On est tous les uns à côté des autres. On mange tous en même temps ; on boit tous en même temps ; on va aux toilettes quand on veut, mais pas trop souvent quand même pour ne pas embêter les voisins.…