La comédiation – Mode d’emploi de Hélène Abelson Gebhardt

Comme le sujet s’y prêtait, nous devions lire ce livre à deux, elle, parce que professionnelle directement intéressée et moi par curiosité. Nous devions échanger dessus et avions eu les premiers débats dès l’introduction et le premier chapitre. Je n’aimais pas le style scolaire. Puis je devais rédiger nos impressions et réflexions, comme Valmont écrit des lettres à la prude Mme de Tourvel sur le dos de Mme Merteuil .

Mais une grosse grippe coriace a transformé notre pays en coronadictature et nous voilà séparés, n’ayant pas l’Ausweis pour aller la rejoindre. La crise économique pointe son nez (elle couvait bien avant le délire sanitaire, tout ne pouvant être qu’une catastrophe puisque tout avait été fait pour que ce le soit, malgré grèves et démissions de ceux que les lectrices qui s’ééévaaadent, les mêmes qui n’en avaient que faire un mois plus tôt, applaudissent maintenant qu’elles sont confinées).

J’espère qu’à la libération nous aurons le temps de faire autre chose que la révolution. Mais ce livre attendra un peu, donc, le piano à quatre mains n’étant plus à l’ordre du jour, sinon le fusil ou la pelle, mais quelque chose doit tomber dans ce pays, l’antiélite pourrie ou le peuple. Bref, on sera en retard, il y a urgence : nous sommes en guerre mais pas contre un virus.

(PdB) Écrit par :