Dé-pistage

Nous ne nous serons jamais revus après nous être croisés dans une salle d’hôpital pour un test de dépistage du VIH. C’eût été un drôle d’endroit pour une rencontre, mais enfin pourquoi pas, c’est ce genre d’incongruités qui fait le charme de la vie !

Pendant que je te regardais, moi, discrètement, je l’espère, anxieuse, toi, à coup sûr, je me disais intérieurement : « si je la revois la semaine prochaine, je l’invite à boire un verre. Nous aurons soit à fêter quelque chose, soit à oublier beaucoup de choses et de profiter de tous les instants  (ce qui est un peu idiot, on devrait toujours profiter de tous les instants). Et si elle vient ici parce qu’elle est en couple et qu’ils en sont à vouloir passer un nouveau stade dans leur relation, elle déclinera poliment, ce n’est pas un drame, le vrai drame c’est de ne pas oser. »

Et puis, après avoir retrouvé ta trace, par hasard, sur Internet, reconnaissant ta photo, et avoir pris ça pour un signe (on en voit toujours lorsqu’on veut en voir), tu n’as pas été là la semaine d’après. Et c’est moi, bien que d’un naturel optimiste, qui étais désormais anxieux. J’ai compris que tu devais être à ta deuxième fois, toi, puisque je vivais probablement ce que tu avais vécu alors, lorsque je te regardais, discrètement, je l’espère.

Et les jours passent. T’avoir retrouvée ne m’a servi à rien puisque je n’aurais le temps de te pister pour savoir qui tu es, et que je n’ai jamais pu te revoir plus sereine. Dommage.

Bandes Originales de la Bulle

Philippe Prohom – ça oublie d’aimer
Jean-Jacques Goldman – je voudrais vous revoir

Photo : un peu de la chevelure de la femme, revue, et… c’est tout une histoire, très rapide, pas très brillante…