Deux fois la sirène du départ

Lors de quelque pérégrination livresque, j’avais trouvé ce haïku :

Marée de printemps –
dans tous mon corps
la sirène du bateau

(Attribué à) Yamaguchi Seishi, Anthologie du poème court japonais, Paris, Gallimard, coll. Poésie, 2003, p. 38

que Corinne Atlan et Zéno Bianu attribuent à Yamaguchi Seishi dans leur Anthologie du poème court japonais1. J’aimais beaucoup l’image de ce corps vibrant à l’unisson du bateau, entrant en résonance avec la sirène, déjà entrainé par le départ, devenu une composante du voyage, sinon voyage lui-même disparu dans un son et dilué dans ce monde alentour que l’œil rend présent sans pouvoir l’atteindre pour autant.

Et voilà que je lis celui-ci sur un site Internet :

Marée printanière
Mon corps entier transpercé
Par la sirène du bateau

Mais le site attribue ce texte — sensiblement le même n’est-ce pas ? — à Hara Sekitei (1889-1951). Est-ce une erreur du site ? Une co-création fantastique ?

Face à tant de questions sans réponses, rajoutons-en une : où va le bateau ? Etait-ce une sirène d’avion ?

En-tête : “Far Away” de halfrain.

Note

  1. Paris, Gallimard, coll. Poésie, 2003, p. 38