J’aime la chanson française

Il y avait des réponses à un message écrit par mes soins (où je demandais qu’une soirée que nous allions passer dans un bar soit constituée de chansons originales en français plutôt que de reprises anglophones, afin d’éviter une autre déception) qu’un organisateur avait dû modérer. Je lui répondais :

Des gens ont vraiment du temps à perdre et des existences noyées dans la lâcheté, qu’importe, n’est pas Cyrano de Bergerac qui veut… Tu as eu raison de modérer si tu penses que cela nuit à la sortie ; si c’est pour moi, ne t’inquiète pas, je peux supporter avec l’amusement distant d’un matou repu, l’énervement d’une petite souris trollesque.

Cela dit, si je te réponds que oui, je suis rongé de colère, que la haine me possède, que je rêve d’en découdre avec la terre entière, que j’en veux à cette Nina que je ne connais pas (et que je déteste tellement a priori que je me propose de t’accompagner pour la découvrir) et que je suffoque de toute cette rage qui s’est emparée de moi, que feras-tu ? Me dénonceras-tu à la police de la pensée, pratiques-tu l’exorcisme à tes heures perdues, as-tu un divan libre où je puisse me confesser ? Aiiide-moi !!!!

Allons, allons, sérieusement, point de psychologie de bazar, laissons cela à la presse féminine et aux fanzouzes d’Hanouna, il est plus intéressant de se demander pourquoi une déclaration d’amour à la langue française, aux Françaises qui devraient le chanter, à la création plutôt qu’à la reprise paresseuse, est vu comme de la colère ? Parce que le ton est trop adulte et pas assez kikoololesque ? Tu crois que ça en dit beaucoup sur nos démocraties juste capables de créer les crétins fragiles – incapables d’aimer leur culture et de gérer des contradictions en dehors d’un cadre hypersimpliste – dont elles ont besoin ? Faut-il légaliser le Soma du Meilleur des mondes et développer les robots compositeurs de 1984 ?

Comme disait l’autre (l’autre, c’est Gustave Parking en l’occurrence), je te laisse refroidir là-dessus, bon dimanche et à bientôt.

PS. Et si jamais, ses ailes étant encore trop fragiles pour se supporter seule, on veut se cacher derrière la reprise, notre belle francophonie porte des génies qui savent s’approprier des chansons au lieu de les réciter pour la frime.

Rajoutons que, même quand on va sur Youtube, il y a tellement de reprises, qu’il est parfois impossible de retrouver l’original. Un ex. « Orly » de Brel.

C’est bien les reprises, même les plus minables par les talents les plus approximatifs, c’est la transmission d’une culture, mais si elles recouvrent l’original, l’hommage va trop loin ! Et donc il faut aussi lutter contre cette race de gens méprisables qui inondent Youtube de leurs covers minables jusqu’à ce qu’on ne soit plus capable de trouver l’original, qui ont dû se dire tout fiers d’eux qu’il fallait absolument que l’humanité puisse entendre leur voix ridicule…

Quelques possibilités de reprendre une chanson sans tomber dans la redite de karaoké

Claire Diterzi – Riders on the storm

(Ce que Camille Hardouin appelle une « reprise à débordement »)

Camille Hardouin – Effrontément / La nuit je mens

Là on est plus dans la reprisoriginale :

(PdB) Écrit par :