L’attentartistique

Je me souviens du film “Noviembre” (Achero Mañas, 2003), l’histoire de cette bande de copains fuyant leur cours de théâtre classique pour faire du théâtre-vérité, des happenings dans la rue ou autres endroits publics. Ou de  “Sounds of noise” (Ola Simonsson, Johannes Stjärne Nilsson, 2010) qui m’avaient beaucoup touché.

Je me souviens aussi avoir beaucoup aimé lire les inscriptions de la Brigade d’Action Poétique de Santiago du Chili, lorsque je m’y promenais régulièrement.

Moi aussi il faudra que je pense à faire des attentartistiques dans les lieux où l’art crève sous sa bourgeoisie. Qu’on aille dans les musées et qu’on montre à tous ces consommateurs de biens culturels ce que c’est d’être choqué. Qu’on leur réapprenne l’iconoclasme.

Et la gêne. Pas celle qu’ils croient trouver dans les musées, morte, froide, épuisée, domestiquée, institutionnalisée, pourrie dès qu’elle devient exposition, mais la vraie. La-leur. Peindre de l’art sur leurs visages apeurés, les bousculer par plein de ça-se-fait-pas qui bougeraient leurs habitudes aussi encroutées que les objets qu’ils vont voir pour mieux se montrer là où ils sont exposés.

Repeindre les peintres. Transgresser les transgresseurs à la chaine. Se gausser des moqueurs. Peut-être commencer par sodomiser Paul McCarthy avec son plug anal géant que les bobos de la Mairie de Paris ont voulu imposer aux personnes fréquentant la place Vendôme. Organiser des concours de plongeon au Musée Guggenheim. Surgribouiller les gribouillages1. Bref, retrouver un peu le plaisir de l’art.

En-tête : “Ensemble, dans le mur, Street art Paris, Mesnager, elysée Ménilmontant” de Pop H.

B.O.B.

dEUS – Theme From Turnpike

Note

  1. Mais le premier qui touche à un tableau d’un expressionniste abstrait américain ou à Jean-Michel Basquiat, je le vide à la petite cuillère.