L’effet papillon d’Eric Bress et J. Mackye Gruber

Après avoir arrêté une première fois le visionnage du film, pensant, à la vue des premières minutes, que c’était un film d’horreur, ce n’est que très craintivement – pressés autant par Esteban et Francis que l’un contre l’autre, pas très rassurés – que nous avons repris, A* et moi, cette histoire. Et quelle claque en voyant ce film ! Quel scénario !

Bien sûr, comme d’habitude face à ce genre de film, mon premier réflexe aura été de chercher une incohérence : à défaut de tracer rigoureusement le schéma des différentes vies résultantes, je n’en ai pas trouvée. Certes, la présence d’un élément totalement fantastique (cette étrange faculté que le père a transmis à son fils) et de théorie du chaos version Hollywood, ne plaçaient a priori pas le film sur le chemin du sérieux et de la cohérence, dans la lignée des œuvres poétiques ou loufoques, de Leibniz (voir dans les Essais de Théodicée, la pyramide des mondes possibles), de J.L. Borges ou encore de films omiques comme Didier d’Alain Chabat ou Un jour sans fin, dont on accepte les éléments scénaristiques sans broncher et pour son plus grand plaisir…

…ou sa plus grande perplexité, car, basé sur l’horrible question du « et si …? » qui réveille remords et compossibles perdus à jamais, une telle histoire ne peut que vous mettre face à votre propre vie, elle, bien unique.