Neymar vaut 222 millions d’euros et autres questions géopolitiques

Certains mélangent un peu tout.

La valeur numérique de la monnaie ne veut pas dire grand-chose, en cas d’hyperinflation on s’en aperçoit vite. A la limite on peut comparer des valeurs monétaires en valeur relative, comme, dans le cas du salaire, le salaire-horaire de la moyenne des Français et celui de Neymar s’il vient au PSG, ou l’ensemble des autres achats ou investissements que tu peux faire avec 220 millions.

Sur les 220 millions du transfert, on ne peut pas non plus prendre le chiffre tel quel. Il faut voir combien cela rapporte au PSG, la part comptabilisable (vente de maillots, par ex.) et la part non-comptabilisable (image de marque, points gagnés grâce à la présence du joueur, effet bénéfique sur les autres joueurs, etc.). Tout pesé, il n’est peut-être pas si cher. Quand le PSG avait acheté le vieux Beckham, ils étaient rentrés dans leurs frais rapidement via les maillots, même si la présence de l’ex-star anglaise fut surtout une blagounette réussie.

C’est vrai qu’à ce niveau, la différence entre l’importance de l’investissement et la fragilité d’un corps humain parait énorme. Mais il doit y avoir un système d’assurance pour qu’en cas de blessure on n’ait pas des milliers d’euros qui partent en fumée à chaque jour d’absence. Au pire, blessé, Neymar peut faire de la pub, de la com’, de la télé-réalité, bref, économiquement, il reste des débouchés. Donc 220 millions c’est énorme mais il faut voir cela dans sa globalité.

Le problème est plus sportif. Il ne faut pas qu’on en arrive à ce que les arbitres prennent trop conscience des sommes en jeu et surprotègent ce type de joueurs. Ni que leurs adversaires n’osent pas les toucher de peur de devenir le salaud international s’il blesse une star, même involontairement. Dans ces cas-là, autant créer un championnat européen où les hyperclubs et les hyperjoueurs s’affrontent et qu’on laisse les autres clubs jouer entre eux, avec moins d’argent, moins de pression, moins de pubs débiles et de crétins qui suivent tout ça de trop près.
Le problème est humain aussi, mais ce n’est pas que dans le foot. Que deviennent les gens qui gagnent au loto et passent de pauvre à riche (de manière éphémère, s’ils gèrent mal) en peu de temps ? Que deviennent les anciennes gloires de la télé, de la musique, les gens qui sont sous les feux de la rampe de la société du spectacle, rapidement, mais n’ont pas forcément le talent pour que ça continue longtemps ? Que deviendra Mbappé à 35 ans, lui qui n’est pas très beau et ne pourra pas forcément faire les unes de Voici ou Gala ? Mais ça, ça les regarde. Là aussi les clubs peuvent accompagner les joueurs psychologiquement, ou il faut conseiller aux joueurs vieillissants de terminer dans un plus petit club pour revenir à la réalité avec sas de décompression…

Ici, on attaque le (ultra-)capitalisme. Le souci c’est que c’est le Qatar dont il est question, et cet investissement ne relève pas d’un problème économique, mais politique. Car en investissant dans le foot, le Qatar cherche à se protéger politiquement et donc obtenir un peu d’autonomie face aux USA, ce que n’a plus l’Arabie Saoudite par ex. S’il obtient une coupe du monde dans son pays ou est connu pour posséder des grands clubs qui ont des millions de fans, il sera plus dur pour les USA ou la France d’envahir ce pays acoquiné avec l’Iran, lorsque Netanyahoooo! demandera à ses sbires néoconservateurs aux USA ou au petit BHL en France, de chuchoter à l’oreille de leur président l’ordre d’aller libérer le pays au nom des droits de l’Homme (ou autre prétexte du genre qui insultent toujours la liberté et les Droits de l’Homme). Quand la France va massacrer Kadhafi parce qu’il a l’audace de vouloir créer une monnaie africaine et de s’émanciper du système bancaire international dirigé par quelques uns depuis la City et ramifications, tout le monde s’en fout ; la moitié des veaux croient les sornettes que les media racontent et l’autre se fichent de ces gens ; personne ne pleure aujourd’hui du chaos laissé derrière l’armée de libération et personne n’a flanqué une grosse baffe dans la sale gueule du pseudo-philosophe megalo. Si le Qatar a le foot pour se mettre en avant et toucher les esprits de l’opinion publique, il peut éventuellement être protégé un moment. Le pétrole qu’on lui laisse extraire est une source d’enrichissement tout a fait précaire puisqu’une décision [i]politique[/i] peut réduire ceci à néant en un petit coup d’Etat ou révolution colorée soi-disant spontanée. Voire, lorsqu’on voudra “libérer” les esclaves du pays, alors que tout le monde sait que la coupe du monde 2022 sera possible grâce à l’exploitation véritablement esclavagiste de centaines de milliers de travailleurs, dont BHL, au bras de sa catin blonde et trop occupé à lire des livres que son nègre lui a écrit et que personne ne lira après qu’il sera allé faire le mariole à la télé avec son look de beauf arriviste, n’a que faire pour le moment. Où est le capitalisme dans tout cela ? Il est que Neymar est un bouclier humain moins cher qu’un bouclier anti-missile (pour peu que les USA laissent l’Iran et la Russie en équiper le micro-pays, et puis même Saddam n’a pas pu faire grand-chose avec son armée). Comparons les coûts du foot et ceux de l’armement et on verra que Neymar n’est pas si cher. La politique de prestige et d’investissements mondialement visibles est peut-être ce qui peut sauver les dirigeants du pays, au-delà de la capacité qu’aura Donald Trump à résister aux volontés belliqueuses de son Etat profond et de ses “alliés” de l’OTAN, ou de l’aide que Poutine ou Ahmadinejad peuvent lui apporter dans le bras de fer qui les oppose à un Israel bien décidé de faire le ménage comme elle l’entend tout autour d’elle (en envoyant tout ce qui se fait de mâle un rien costaux comme migrants en Europe, par ex. où les pauvres locaux sont mis face à des pauvres nomades et l’Islam instrumentalisé via quelques débiles mentaux manipulés par es services secrets qu’on fait passer pour djihadistes et qu’on envoie tuer des pauvres gens en Europe, afin de créer des conflits entre chrétiens et musulmans…)

Bref, on n’est pas dans un problème d’ultra-libéralisme, on est dans un problème religieux, et de politique internationale dont le foot, et le PSG en l’occurence, n’est un rouage.

(PdB) Écrit par :