Passages

J’ai une fascination pour les vieux endroits de passage terrestres, vieilles gares de train et de bus.

Lorsque j’ai voyagé en Argentine, ce n’était pas les hôtels où je me posais qui étaient un petit chez moi temporaire : on a vite envie d’en sortir pour aller à l’assaut du lieu où on est (potentiellement) et à la rencontre des autres. C’est dans les gares routières où je me relâchais un peu, dans le va-et-vient, à la croisée des routes, se sentir au milieu de mille lignes tracées dans l’espace, n’en être qu’un point, mais être un POINT, la plus petite entité de l’espace géographique, c’est être déjà, on peut être un double-point, un point-virgule, rehausser les mathématiques, se sentir empli d’être dans le plus grand néant.

Poésie de la gare, petit point d’évanescence où je me sentais moi, moi ce petit point qui voit.

(PdB) Écrit par :