Rien de grave – Justine Lévy

Un peu comme avec le récit – grotesque de banalité – de Lindon fils sur Michel Foucault, dans Ce qu’aimer veut dire, je me suis senti insulté par ce livre. La gamine qui a écrit ce Rien de grave n’a aucun talent, son récit est plat, banal, et il n’aurait jamais dû être autre chose qu’un journal intime à laisser dans un tiroir, écrit comme un exutoire personnel permettant de passer à autre chose. Mais voilà, la gamine qui l’a pondu est la fille d’un faux intellectuel arrogant1), séparée d’un odieux sophiste nous croyant assez idiots pour nous manipuler par la qualité de sa diction et le carré de sa mâchoire, lui-même fils de, père de, ex d’une catin officielle de la république casée avec un ancien président de la ripoublique d’occupation, lui-même un temps larbin du père (cf. début de la boucle dans ce cluster de réseau social assez fermé) de la gamine éplorée, parti avec papounet détruire la Libye et permettre l’odieux assassinat d’un dirigeant qui voulait sortir l’Afrique du joug de toute cette tourbe à vomir. Et voilà donc que le culturalo-mondain de Paris nous balançant ses miettes de petits malheurs en nous demandant de goûter cela comme de l’ambroisie littéraire. C’était insultant de platitude, insultant de mièvrerie, insultant d’inutilité. Insultant seulement dans le fait que le livre existe alors que bien d’autres écrivains de talents auront leurs manuscrits moisissant dans les tiroirs des maisons d’édition, quand fifille cucul aura son récit-autofiction-roman-trucbidule imprimé et vanté dans les tous les media à la botte de papa.

Et quand je pense que la petite bourgeoise se sera donc refait une santé financière en vendant son crachat, ses larmes et ses mouchoirs pleins de morves à des idiotes du peuple, trop heureuses de se retrouver dans les malheurs de cette nantie, voilà qui durcit en vous une certaine colère sociale froide, plombée de dégoût et de déception.

Les peuples ne sont pas faits pour être libres, mais les seigneurs doivent au moins être respectables2) et respecter eux-mêmes les humbles et les imbéciles. Ici, ils leur rient au nez. C’est méprisant et méprisable.

B.O.B : Carmen Maria Vega – « Qu’est-ce qu’ils sont cons »

Ma petite chouchoute absolue, avec sa réactualisation-hommage à Mathieu Cote :

Photo d’entête : « Le miroir et la mort » par Fabrice Jazbinsek

Notes

  1. Qui crache sur les Français depuis les années 1970 pendant qu’il défend une colonie nazie et lui fait faire la guerre pour les petites affaires de cette colonie raciste et messianique, et alors que tout le monde reconnait que c’est un pitre et que ses textes sont philosophiquement inconsistants
  2. C’est dire si la clique évoquée plus haut devrait être dans les égouts de la société plutôt qu’en son sommet, dans un pays marchant sur ses pieds