Sukkwan Island de David Vann

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Sukkwan Island ? Férocement dispensable.

L’histoire ne tient, et encore à peine, que grâce à l’intrigue. Rien au-delà. Je n’aie pas eu envie pendant le récit de visiter ce coin d’Alaska où il se déroule. Je n’ai rien appris d’utile. N’ai pas eu d’émotion particulière. Le style descriptif est à peine plus beau qu’une notice Ikea pour meuble polaire. Je me suis attaché ni au fils qui ne parait vivant que lorsqu’il se masturbe, ni au père dont les plats atermoiements m’ont laissé aussi froid que la neige sur l’île. Peut-être que est-ce l’ours que j’ai le plus apprécié, finalement…

Et même dans la catégorie des romans qui n’ont rien d’autre pour eux que le suspens, je n’ai pas trouvé celui-ci palpitant. [spoiler]Certes, au début, l’auteur joue bien avec les codes de l’épouvante ou avec l’idée que le père cache un lourd secret qui risque de le rattraper sur l’île (notamment lorsqu’il tire sur le toit), mais une fois qu’on a compris que ce ne sera ni un polar psychologique, ni un roman d’espionnage, ni un récit fantastique, la belle saison de l’intérêt pour le texte est terminée. Pour moi, ce dernier se termine à la fin de la première partie. Mais Roy est un salop : il aurait pu me laisser une balle pour que moi aussi je me casse de ce[/spoiler] bourbier poussif.

Ah si, un intérêt à ce texte : il m’a donné envie de revoir Shutter Island

APRES COUP : en lisant des commentaires sur le texte, j’ai découvert tout l’aspect potentiellement autobiographique du texte… En y repensant, il me semble bien que cela ne change rien à mon appréciation du texte. Mais je saurais qu’il vaut mieux lire les interviews de Vann que ses romans, donc…

B.O.B.

Mogwai – Dial:Revenge