L’université et l’abus de structures chiasmatiques chiantes

Vous croyez que l’université est peuplée de grands esprits à la pointe du triangle spirituel de la société ? Creusons un peu plus dans le gouffre de nos désillusions.

Il y a eu un jour un esprit éclairé qui s’est dit qu’il allait intituler son livre ou son colloque avec une formule en chiasme. Ça devait être quelque chose comme : Politique de l’art / Art de la politique. Il a trouvé ça très bien. D’autres aussi ont trouvé ça chouette, au point de lui reprendre l’idée.

Depuis, tout un paquet de moutons de Panurge se servent régulièrement de ce procédé, l’utilisant très souvent à mauvais escient en se laissant guider par la langue plutôt que par le sens. Ce genre de plaisanteries commence cependant à être de moins en moins drôle.

Quelques exemples de colloques :

  1. Bibliothèques d’art / art et bibliothèque
  2. Traces de la politique, politique des traces
  3. Conflits de lieux – Lieux de conflits
  4. L’amour en sciences sociales, les sciences sociales en amour
  5. Aviateurs-écrivains, écrivains-aviateurs
  6. Architectes cinéastes, cinéastes architectes
  7. Formes de l’innovation / innovations de la forme
  8. Sociologie du pouvoir et pouvoir de la sociologie
  9. Pouvoirs du son / Sons du pouvoir
  10. Collectifs d’art, art collectif

Une revue : Transposition. Musique et sciences sociales, numéro spécial : « Lignes d’écoute, écoute en ligne ».

Deux champions du monde : POSTEL N. et SOBEL R., (2013) « Crise de la pensée, pensée de la crise », dans HILLENKAMP I. / LAVILLE J.-L. (dirs.), Socioéconomie et démocratie. L’actualité de Karl Polanyi, p. 105-123.

Je ne sais même pas s’il est encore besoin de caricaturer l’université pour se moquer de ses préciosités ridicules : elle nous pique le boulot en le faisant d’elle-même. Pas fairplay.
En tout cas, il y a vraiment des couilles injustement intactes dans l’université française…

En-tête : “Tenderly touch – Un delicado contacto – Zärtliche Berührung” de Daniela Hartmann