La Vierge, l’Art et la masturbation

Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour.

La Rochefoucauld, Maximes et pensées

Depuis qu’on ne bourre plus le crâne des gamins avec la poésie ésotérique qu’est devenu, depuis le temps, le Christianisme, dans le sillage des fables de l’Ancien Testament, plus personne ne voit apparaître la Vierge.

L’étudiant en art, lui aussi, de même, à force qu’on lui rabâche des considérations éthérées et poétiques1 sur l’esthétique, finit par voir de l’Art suppurer des choses.

Tout ce qu’il y a à voir ce sont des frustrés, des malheureux et des masturbateurs. Enfin, une fois que les naïfs, trop enivrés, charmés, déboussolés, se sont laissés enculer par les mots comme de vulgaires diptères se cognant sur l’ampoule du salon, ils aspirent eux aussi à se faire aspirer par d’autres. Et cette chaine n’est pas près de s’arrêter.

Je dois d’ailleurs vite filer, j’ai une étudiante en lettres à retrouver !

En-tête : “Marie” de bDom.

B.O.B.

R.E.M. – Strange Currencies

Note

  1. Il faut entendre ici poétique dans le sens de langage flou qui semble avoir du sens mais ne résiste pas à l’analyse sérieuse.